A QUI PROFITE LE CRIME ???



C'est souvent en répondant à cette question que l'on trouve les coupables...

L'état a longtemps ralenti la contestation en nous faisant croire à la crise économique (en temps de crise, les Français doivent se serrer les coudes et penser : "vive la collaboration de classe"). Certains ont percé le mensonge: il y a crise sociale, mais pas crise économique (en un an, la bourse a monté de 45%). Les autres ont vu leur vie se dégrader à un tel point qu'ils ont fini par n'avoir plus rien à foutre de la crise. L'état a dû utiliser un autre moyen pour ralentir et arrêter la montée du mouvement contestataire: il nous a fait croire à une prochaine guerre mondiale. En effet, si la France entre en guerre, alors la nation doit être "unie" et crier à nouveau: "vive la collaboration de classe". Mais, des menaces crédibles de guerre mondiale n'arrivant toujours pas, le prolétariat a fini par se moquer de cette peur artificiellement provoquée. Et de toute façon, aujourd'hui, les capitaux des divers pays sont tellement imbriqués les uns dans les autres, que lors d'une guerre mondiale, tout pays détruisant un autre pays détruirait en même temps ses propres capitaux.


Ces deux moyens fondamentaux de ralentissement et d'arrêt de la lutte des classes ont donc cessé de fonctionner, les gens sentant confusément que la crise économique et les menaces de guerre mondiale ne sont que mise en scène d'un spectacle destiné à les tromper.


Dès septembre 86, l'état a donc utilisé un procédé plus "radical": ses services secrets, ou des groupuscules manipulés par eux, ont placé des bombes un peu partout. Des lettres et coups de téléphone anonymes ont fait revendiquer ces attentats à n'importe quoi et n'importe qui; On nous a fait croire que khadafi était le chef de file des terroristes. Mais ça n'a pas marché, alors on a ensuite accusé la Syrie, etc... Mais heureusement, quelques trop rares individus ont dénoncé la vaste provocation fomentée par l'état. Ils ont expliqué que le but de l'état est que les gens se disent: "D'un côté l'état, de l'autre le terrorisme. Seul l'état peut lutter contre le terrorisme. Donc je cesse de lutter contre l'état et me range de son côté."(*) Bref, une fois de plus, l'état cherche à ce que les gens se disent: "vive la collaboration de classes". Ces trop rares dénonciations ont malgré tout fait peur à l'état. Il a momentanément arrété le terrorisme "aveugle". La lutte des classes en a profité pour pointer à nouveau le bout de son nez. L'état a eu peur de réutiliser le terrorisme "aveugle", car il avait été dénoncé comme un terrorisme visant le peuple. Donc commis par l'ennemi du peuple: l'état. Ce dernier a donc fait dans le terrorisme qui "vise". C'est ainsi qu'a été assassiné Guy Besse. Comme si celui-ci n'était pas remplaçable! Comme si en tuant cet homme, des soit-disant "terroristes sincères" avaient pu croire changer le système! l'état nous prend vraiment pour des cons! N'empêche qu'il a fallu encore un mois d'acalmie du terrorisme d'état pour que la contestation explose. L'état a réussi à désamorcer le mouvement chez les jeunes, tout au moins en France, en reculant sur divers projets. Mais le prolétariat est entré dans la lutte. Pour espérer freiner la lutte des classes, l'état a dû, comme c'était prévisible, avoir à nouveau recours à sa drogue favorite: le terrorisme. Ce fut "l'attentat" contre Peyrefitte. Seul un concours de circonstances "inexplicable" a permis à Peyrefitte d'avoir la vie sauve. Rappelons que Peyrefitte est un ancien ministre de "l'information". Pasqua n'a pas manqué d'assimiler notre dernier mouvement de contestation au terrorisme: "ceux qui ont pris le risque depuis quelques semaines de créer dans le pays un climat de haine devraient prendre conscience de leurs responsabilités. Rien ne fera reculer l'état. Nous redoublerons nos forces et rassemblerons davantage de moyens pour faire reculer le terrorisme."(**)

A QUI PROFITE LE CRIME ??????? ..... A L'ETAT !!!!!!




le 18/12/86


(*) Lire "du terrorisme et de l'état", de Gianfranco Sanguinetti. Commandez-le à l'adresse suivante:

(**) Citation de Pasqua dans"le monde" du 16/12/86; dernière page.